‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 257 sur 295 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

A N G É 1. 1 Q D E , à Juliette.

Ma bonne a mal jupe de l'amour de Sainville.

JU I. lETTE.

Et vous avez été trop prompte et trop facile A vous déterminer.

SAl N VILLE.

Vos beaux yeus sont baissés :

Ehl du moins regardez ceux que vous offensez.

ANGÉLIQUE

Ah, Sainville!

SAINVILLE

Quoi donc? qui fait couler vos larmes?

ANGÉLIQUE

>'ous ne savez pas tout.

SAINVILLE

Quelles sont ces alarmes?

Quels secrets devez-vous cacher à mon amour?

ANGÉLIQUE, en s'appiocliant de lui.

J'ignore qui sont ceux à qui je dois le jour.

{Juliette se retire au fond du théâtre pour faire le guet. ) Vous croyez que je suis nièce de la baronne?

SAINVILLE

Eh bien?

ANGÉLIQUE

Il n'en est rien , je ne tiens à personne.

SAINVILLE

Ah, grands dieux! Quel sera mou bonheur de pouvoir Vous tenir iieu de tout! Couronne? mon espoir.

374 LA GOUVERNANTE

ANGÉLIQUE

Quoi ! malgré cet aveu? " ;

SAINVILLE

Je n'en aurai point d'autre:

Assurez à-la-fois mon bonheur et le vôtre.

ANGÉLIQUE

Je pourrois être à vous?

SA IN VILLE

Oui , le plus tendre amant S'engage, et pour jamais vous en fait le serment. Tendez-moi cette main... Mais quel trouble vous presse?

ANGÉLIQUE

Mais, Sainville, comment retirer ma promesse?

SAlNviLLE, en se jetant à ses pieds.

Nous verrons : cependant cachons bien notre amour; Dissimulons tous deux jusques à l'heureux jour... ( Il lui baise ta main. )

Page 1