ACTE II, SCENE X
Quoi ! vous priveriez- vous d'une fille si chère? Vous soupirez! Parlez.
LA GOUVERNANTE
J'y résoudrois mou cœur
LA BARONNE
{à part.) {haut.) Fort bien. Je ne saurois avoir cette rigueur. Mais je veux lui parler; et si ma remontrance Est sans succès, j'irai jusques à la défense.
LA GOUVERNANTE
Elle ne servira que d'un attrait de plus.
I, A BA UONN E.
Veillez-la de plus près encor.
LA GOUVERNANT V
Soins superflus.
Contre deu.v cœurs unis que sert la vigilance?
( Elle se jette à ses pieds. ) J'embrasse vos genoux.
LA BARONNE, à part.
Faisons-nous violence.
LA GOUVERNANTE
Éloignez Angélique, ôtez-la de ces lieux.
Ah ! voulez-vous la voir se perdre sous vos yeu.x?
LA BARONNE
c'en est trop ; laissez-moi , je vous demande grâce ; Tant de vivacité m'importune et me lasse.
LA GOUVERNANTE
(en se relevant. } (en s'en allant. )
Ch! puis-je en mettre moins? Allons cacher mes pleurs. Ah! ciel, daigne empêcher le plus grand des malheurs!
378 LA GOUVERNANTE