‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 260 sur 295 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ANGÉLIQUE, JULIETTE

J ULIETTE.

Allons, il faut un peu faire tête à l'orafje.

ANGÉLIQUE

Trop de confusion a glacé mon courage.

JULIETTE

L'amour est cependant fait pour en inspirer.

ANGÉLIQUE

Je ne puis que rougir, me taire, et soupirer.

JULIETTE

Reprenez vos esprits.

ANGÉLIQUE

Non, quoi que je me dise, Je ne puis revenir d'avoir été surprise.

JULIETTE

Pour un petit malheur faut-il se dérouter? La baronne, entre nous, n'est pas à redouter; Elle est femme du monde, et n'en fera que rire ; Pour l'autre, au pis aller, il faut la laisser dire. ,

ANGÉLIQUE

t'est «lie qui me cause aussi le plus d'effroi.

Mo La gouvernante.

Quelle enfauce! Eh! qui peut, malgré vous, malgré me Vous contraindre à rester ainsi sous sa tutelle?

ANGÉLIQUE

Sa raison , sa vertu.

J U LI ETT E.

Je n'en ai pas moins qu'elle.

ASi G É 1. 1 Q u E.

Je ne sais; mais je sens qu'elle ne me dit rien

Qui véritablement ne soit pas pour mon bien :

C'est un fait; mais j'ai beau m'en convaincre moi-même

Quelle conviction tient contre ce qu'on aime?

Quand Sainviile paroît, tout est évanoui.

JULIETTE

Cela se doit; il va venir.

A -\' G É L I Q o E , en regardant de côté et d'autre. Eh ! vraiment oui.

JULIETTE

Arrangez-vous tous deux, tandis que la baronne, Dans le fond du jardin, est avec votre bonne En un grand pourparler.

ANGÉLIQUE

c'est à notre sujet.

JULIETTE

Bon! bon! qu'importe? Adieu, je vais faire le guet

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