ACTE III, SCÈNE V
LE PRÉSIDENT
Mais VOUS, quauriez-vous fait dans un semblaMe cas? Ce juge le demande.
s A IN VILLE.
Il veut que je prononce.
Qu'il tremble! Mais à quoi servira ma réponse? Quoi qu'il en soit, enfin ,j'auvois déjà rendu A ces infortunés tout ce qu'ils ont perdu ; C'est à quoi je condamne un juge qui s'abuse : Qu'il répare ses torts, s'il veut qu'on les excuse; L'ignorance et l'erreur sont des crimes pour lui.
LE PRÉSIDENT
On prononce aisément dans la cause d'autrui : Celui dont je vous parle est peu riche.
s AIN VIL LE.
Qu'importe?
LE PRÉSIDENT
La restitution pourroit être si forte...
La somme n'y fait rien; l'exacte probité Ne peut jamais avoir de terme limité.
LE PRÉS! DE. NT
Ainsi vous vous seriez exécuté vous-même?
s A IN VILLE.
Assurément.
LE PRÉSIDENT, en souriant.
Fort bien .
SAIN VILLE
Je vous parois extrême :
Ma façon de penser, contraire aux mœurs du temps,
392 LA GOUVERNANTE
N'attirera sur moi que des ris insultants.
LE PRÉSIDENT
Pardonnez-moi, mon fils.
SAINVILLE
Que dites-vous, mon père?
LE PRÉSIDENT
J'ai pensé comme vous : j'ai fait plus , et j'espère Que vous y donnerez l'aveu le plus flatteur. Vous voyez le coupable et le réparateur.
SAINVILLE
Vous?
LE PRÉSIDENT
Moi-même.
SAINVILLE
Ah, grands dieux! Que ma source m'est chère! Que je suis enchanté de vous avoir pour père!
( // l'embrasse. ) Pardonnez ces transports à mon cœur éperdu.
LE PRÉSIDENT
Sitôt que je l'ai pu, j'ai fait ce que j'ai dû, Et je viens d'expier ma méprise funeste: Il vous eu coûtera.
SAINVILLE
Votre vertu me reste.
LE PRÉSIDENT
Ah! qu'il m'est doux de voir que je revis en vous! Ah, père fortuné!
SAINVILLE
» Vous méritez de tous La vénération , l'estime la plus haute :