‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 268 sur 295 · I.A BARONNE · texte numérisé non relu

I.A BARONNE

Eh bien , lua chère amie?

LA GOUVERNANTE

Ah! c'est trop ni'honorer.

LA BARONNE

Ce titre vous est dû, je ne puis l'ignorer. Avouez (jue c'est vou.s qu'un procès déplorable A coutrainte à subir un sort si misérable.

LA GOUVERNANTE

Vous me désespérez.

LA BARON NK.

Eh, madame! achevez Cet aveu que j'implore, et que vous me devez.

LA GOUVERNANTE

Que voulez- vous de plus de ma recotiiioissauce'^

LA BARONNE

La faveur d'être admise en votre confidence. Mais je lis dans votre ame : uue noble fierté. Un courage au-dessus de toute adversité Vous t'ait désavouer votre infortune extrême; Et vous vous imposez ce déni de vous-même. Par éjjard pour le rang où vous avez éié, Par mépris pour le soit qui vous a tout 6té. Mais ce que vous cachez n'en est pas moins visible; Vous brillez, malgré vous, d'un éclat trop sensible;

Vous voulez vous couvrir d'une ombre qui vous fuit :

Madame, écartez donc le charme qui vous suit.

LA GOUVERNANTE

Vous êtes dans l'erreur, le président s'abuse.

LA BARONNE

Eh bien ! pour vous convaincre, il faut que je m'accuse.

LA GOUVERNANTE

De quoi?

LA BARONNE

Votre secret n'en est plus un pour moi : J'ai surpris des papiers qui sont dignes de foi.

LA GODVER.NANTE.

Ciel!

LA BARONNE

J'ai VU de mes yeux la preuve la plus claire Dun fait dont vous voulez soutenir le contraire; Vous êtes sûrement la comtesse d'Arsfleurs.

LA GOUVERNANTE

Qu'entends-je !

LA BARONNE

Pardonnez: pour finir vos malheurs Cette conviction m'étoit trop nécessaire.

LA GOUVERNANTE

Madame, quel usage en avez-vous pu faire?

Falloit-il me trahir? Jugez de mon regret.

Et de quelle importance est pour moi mon secret,

Puisque je le cachois à tout ce que j'adore,

A ma fille, eu un mot.

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