LA B A R O .N >• E
Eh quoi ! la pouvez-vous priver d'un si grand bien?
LA GOC VERN A.NTE.
Je la sers beaucoup mieu.x que vous ne pouvez croire: Eh! ([ue lui produiroit ma douloureuse histoire?
LA BARONNE
Qu'en peut-il arriver, de lui taire savoir Sa naissance?
LA GOUVERNANTE
L'orgueil et l'affreux désespoir.
Non, madame, laissons à cette infortunée L'esprit de sou état et de sa destinée. Ou n'est point malheureux quand on peut ignorer Tout ce que l'on pourroit avoir à déplorer, .l'ai dit ce qu'il falloit.
LA BARONNE
Ah, ma chère comtesse!
Mes soins n'ont point blessé votre délicatesse : Croyez que je n'ai fait nul éclat indiscret. Aucun autre que moi ne sait votre secret; J'ai su le ménager avec un soin extrême : Le président, qui veut être inconnu lui-même, Et qui m'en imposoit la plus expresse loi, A daigné s'en fier aveuglément à moi.
Content de relever votre illustre famille. Madame, il ne connolt ni vous ni votre fille; Son bonheur lui suffit: eu effet, il est tel Qu'il se croit à présent le plus heureux mortel.
4oo LA GOUVRRNANTE.