ACTE III, SCENE X. 4or
Votre indiscrétion me paroît bien étrange!
LA GODV EUX AXTE.
Vous me pardonnerez ce que j'ose avancer. Ce renvoi vous étonne! Avez-vous dû penseï' Qu'il pût être permis à cette infortunée De relever ainsi sa triste destinée, Et de vous dépouiller en cette occasion ? La générosité vous fait illusion.
LE PRÉS IDE. NT
De quel droit, s'il vous plaît, prenez-vous sa querelle?
LA GOUVERNANTE
Ah ! je n'en ai que trop, je puis parler pour elle. Mettez-vous à sa place : auriez-vous accepté? Elle a tout refusé; ce n'est point par fierté. Par dédain, par mépris; elle en est incapable.
LE PRÉS IDE. NT
Mais n'avouez-vous pas que son juge est coupable D'avoir été surpris?
LA COUVE RN'ANTE
Qui peut ne l'être pas?
LE PRÉSIDENT
Il compte que l'erreur est un crime en ce cas , Et qu'il doit l'expier.
LA GOUVERNANTE
La victime en appelle :
Il a cru bien juger, il est quitte envers elle
LE PRÉSIDENT
Mais de son ministère il s'est mal acquitté.
LA GOUVERNANTE
Dès qu'il n'est point coupable aux yeux de léquite ,
4oî LA GOUVERNANTE.
Il ne peut l'êfre aux yeux Je celle infortunée. Vou- ne la vaini-rez point, elle est déterminée : N'eu pailous plus, elle a subi sou jugemeut; Le ciel même a prissuin du dédommagement.
LE PRÉSIDENT
Comment?
LA GOUVEUNANTE.
En lui douuant la force et le courage D'.Tcepter, de braver couîtamment sou naufrage, De voir, d'euvisag.-r (lé:^ormais le passé, Et tout ce qu'elle fut, comme un songe effacé, Que l'on 'le devroit plus offrir à ,sa mémoire: Dan< son abaissement, laissez-lui cette gloire; C'est tout ce qu elle veut.
LE PRÉSIDENT
Je serois criminel.
LA GOnVF.RN ANTE.
Vous ne lui devez plus qu un secret éternel.
{Elle sort. )