‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 271 sur 295 · ACTE III, SCENE X. 4or · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE X. 4or

Votre indiscrétion me paroît bien étrange!

LA GODV EUX AXTE.

Vous me pardonnerez ce que j'ose avancer. Ce renvoi vous étonne! Avez-vous dû penseï' Qu'il pût être permis à cette infortunée De relever ainsi sa triste destinée, Et de vous dépouiller en cette occasion ? La générosité vous fait illusion.

LE PRÉS IDE. NT

De quel droit, s'il vous plaît, prenez-vous sa querelle?

LA GOUVERNANTE

Ah ! je n'en ai que trop, je puis parler pour elle. Mettez-vous à sa place : auriez-vous accepté? Elle a tout refusé; ce n'est point par fierté. Par dédain, par mépris; elle en est incapable.

LE PRÉS IDE. NT

Mais n'avouez-vous pas que son juge est coupable D'avoir été surpris?

LA COUVE RN'ANTE

Qui peut ne l'être pas?

LE PRÉSIDENT

Il compte que l'erreur est un crime en ce cas , Et qu'il doit l'expier.

LA GOUVERNANTE

La victime en appelle :

Il a cru bien juger, il est quitte envers elle

LE PRÉSIDENT

Mais de son ministère il s'est mal acquitté.

LA GOUVERNANTE

Dès qu'il n'est point coupable aux yeux de léquite ,

4oî LA GOUVERNANTE.

Il ne peut l'êfre aux yeux Je celle infortunée. Vou- ne la vaini-rez point, elle est déterminée : N'eu pailous plus, elle a subi sou jugemeut; Le ciel même a prissuin du dédommagement.

LE PRÉSIDENT

Comment?

LA GOUVEUNANTE.

En lui douuant la force et le courage D'.Tcepter, de braver couîtamment sou naufrage, De voir, d'euvisag.-r (lé:^ormais le passé, Et tout ce qu'elle fut, comme un songe effacé, Que l'on 'le devroit plus offrir à ,sa mémoire: Dan< son abaissement, laissez-lui cette gloire; C'est tout ce qu elle veut.

LE PRÉSIDENT

Je serois criminel.

LA GOnVF.RN ANTE.

Vous ne lui devez plus qu un secret éternel.

{Elle sort. )

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