‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 289 sur 295 · I.A GOUVERNANTE · texte numérisé non relu

I.A GOUVERNANTE

Vous prononcez bien vite un arrêt si barbare.

ANGÉLIQUE

c'est qu'il est dans mon cœur.

LA GOUVERNANTE

Juste ciel ! quel aveu!

ANGÉLIQUE

Non , ce faux désespoir vous avancera peu. Je ne croirai jamais que vous m'ayez aimée.

LA GOUVERNANTE

Eh ! de quels sentiments suis-je donc animée?

ANGÉLIQUE

D'un zèle amer, toujours trop inconsidéré,

Porté jusqu'à l'excès le plus immodéré,

Et qui vient de m'ôter le bonheur de ma vie.

LA GOUVERNANTE

Il n'étoit qu'apparent.

A NGÉLIQUE.

Laissez-moi, je vous prie; Dans toutes vos raisons je ne veux plus entrer. Quelle fatalité nous a fait rencontrer!

Je rendois grâce au ciel d'un présent si funeste, Aveugle que j'étois !

LA GOUVERNANTE

Le ciel, que j'en atteste, Connoit si je vous aime. Hélas! jusqu'à ce jour Qu'ai-je fait qui ue serve à prouver mon amour, A mériter le votre?

4î8 LA GOUVERNANTE.

ANGÉLIQUE

Ah, grands dieux! à quel titre!

LA GOUVERNANTE

Je pourrois à présent vous en rendre l'arbitre.

ANGÉLIQUE

Quel intérêt cruel vous attache si fort? Pourquoi vous étes-vous subordonné mon sort? D'où vous arrogez-vous ce pouvoir tyrannique?

LA GOUVERNANTE

Eh! non, il ne l'est pas... .4h, ma chère Angélique!

ANGÉLIQUE

Moi?

LA GOUVERNANTE

Vous. Pour un moment laissez couler mes pleurs.

ANGÉLIQUE

Ne me voilà-t-il pas sensible à ses douleurs, Et presque hors d'état de soutenir ses larmes? Quel est cet ascendant? où prenez-vous vos armes?

LA GOUVERNANTE

Au foud de votre cœur, qui ne peut se trahir, Et qui ne parviendra jamais à me haïr.

ANGÉLIQUE

Je ne vous conçois pas.

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