ACTE 111, SCENE II. 5-j
Quoi! faut-il vous aimer pour vous rendre justice?
C'est exiger île vous un trop grantl sacrifice. Vous aimez votre erreur.
SOPHIE
Non... j'en voudrois guérir.
DAMON
Mais enfin, si celui qui sert à la nourrir, Si d'L'rval...
sopni E.
Je connois jusqu'oij va votre zèle; Que vous justifiez cet époux infidèle.
D A .MOX
Madame, supposons qu'il soit...
SOPHIE
Oui , tel qu'il est.
DAMON
Eh bien! en convenant de tout ce qui vous plaît...
SOP HIE.
Vous aurez tort; et moi j'ai de justes alarmes... Vous ni'allez opposer des discours pleins de charmes, Me jurer un amour qui durera toujours.
Constance fut séduite avec ces beaux discours: Qu'elle en a fait depuis une épreuve cruelle! Vous la voyez: elle est étrangère chez elle; Une personne à char^jCj^et sans autorité; Exposée au mépris, à la témérité;
lîéduite, pour tout bien, au nom qu'elle partage
Avec un infidèle : inutile avautage!
Sans l'amour d'un époux, nous sommes sans éclat y'
\ Son coeur fait notre titre, et nous ilonne un état.
DAMON
Mais cet homme, en un mot, que vous jUjT;ez coupable, D'un généreu.Y retour est-il donc iDcaj)able?
SOPHIE
I 11 est accoutumé ; cela ne se peut pas. .
^■«■-^^Quand ou s'égare, on peut revenir sur ses pas.
SOPHIE
H ne reviendra point, j'en suis trop assurée:
Son humeur inconstante est trop bien avérée;
Son exemple, en un mot... Eh! crovez-vous...? Mais non.
Quoi?
SOPHIE
Ce que je voulois dire est hors de saison. D A M o X .
Je suis trop malheureux pour a^oir rien à craindre. Parlez, de grâce.
SOPHIE
/' Il est inutile de feindre.
\ Écoutez : je suis franche, et \ous l'allez bien voir. \ Oui, je sens tout le prix que vous pouvez valoir;
J-. Je crois connoitre à fond votre heureux caractère; Autant que votre amour, votre vertu m'est chère; Peut-être l'on pourroit vivre heureuse avec vous, Si la constance étoit au pouvoir d'un époux: Mais la fatalité que l'hy menée entraîne... D'Urval vous ressembloit.