SCÈNE XL
CONSTANCE, D'URVAL, DAMON.
d'u r vai. , avec un air tnt peu plus modéré. M.i'lame, éparj^uons-nous la plainte et le reproche : Il faut nous séparer, pour ne nous voir jamais. Voyez où vous voulez vous fixer désormais. Jusqu'à ce que le ciel , au gré de votre envie, Termine, mais trop tard, ma déplorable vie. Vivez, et reprenez ce que je tiens de vous: Je n'excepte qu'un bien , que je préfère à tous. Ce fruit de mon amour, si cher à ma tendresse; C'est de tous vos bienfaits le seul qui m'intéresse.
CONSTA.NCE.
Disposez de mon sort au gré de vos souhaits; >' Je n'examine rien, puisque je vous déplais. i Daignez déterminer ma dernière demeure : /
Où faut-il que je vive, ou plutôt que je meure? ^.^^ d'urval. J
Eh , madame ! vivez.
54 l^K PRÉJUGÉ A LA MODE.
CONSTANCE
Vous ne le voulez plus; Mais vous serez bientôt satisfait. Au surplus, Jouissez de ces biens que vous voulez me rendre; De vos seules bontés je veux toujours dépendre. A l'égard de ma fille... il m'eût été bien doux De garder le seul bien qui me reste de vous : Puisse-t-el!e é\iter les malheurs de sa mère, N'être pas moins fidèle, et \ous être plus chère!
d'uuval, avec fureur.
Je ne puis supporter cette témérité.
Perfide, il vous sied bien, ce langage affecté!
CONSTANCE
Ah! quel titre odieux! Est-ce à moi qu'il s'adresse?
d'uR VAL.
Oui , madame.
CONSTANCE
Est-ce là le prix de ma tendresse?
Eh quoi! de quels transports êtes-vous enflammé? Doit-on déshouorer ce qu'on a tant aimé?
n'uRVAL.
Il falloit savoir mieux conserver mon estime.
CONSTANCE
Pourquoi ne 1 ai-je plus? Apprenez-moi mon crime. Qu'ai-je fait?
d'ur V AL.
Vous osez encor me défier?
CONSTANCE
Hélas ! dois-je mourir sans me justifier? Que je sache du moins ce qui m'ôte la vie...