SCÈNE IV
r A R V I A N E, allant au-devant de Rosalie. Ah, Rosalie!
ROSALIE
Eh bien! quel sujet vous agite?
On prétend que je parte, on veut que je vous quitte.
ROSALIE
Est-ce un mal aussi grand que vous l'imaginez?
d'aRVI ANE.
Et vous aussi , cruelle , et vous , m'y condamnez !
Quoi ! vous me prescrivez ce départ inutile!
Mais pour quelles raisons faut-il que je m'exile,
Que j'aille sans besoin prévenir mon devoir,
Et perdre les moments consacrés à vous voir?
Vous le savez; pour peu que la gloire m'appelle^
Je ne balance pas à vous quitter pour elle.
Que dis-je? pardonnez; ce n'est pas vous quitter
Que d'aller ac(|uérir de quoi vous mériter.
Mais quand rien ne m'oblige... ^
ROSALIE
Ecoutez. On m'ordonne D'user de tous les droits que votre amour me donne. On s'en prend roit à moi si vous ne partiez pas, Comme si je pouvois disposer de vos pas, Et vous faire obéir au gré de mou envie.
i3o MELÂXIDE.
Eh ! qui peut mieux que vous décider de ma vie? Ah! du moins, convenez enfin de bonne foi De l'empire absolu que vous avez sur moi.
ROSALIE
Il faut donc m'en donner la preuve la plus claire.
DA R v r A N E.
Je suis bien malheureux, dès qu'elle est nécessaire. Hélas 1 je dois m'attendre à tout de votre part.
ROSALIE
On veut que vous partiez.
d'à R VI ANE.
Quoi ! toujours ce départ ?
Vous l'avez résolu ?
ROSALIE
Si l'amour vous arrête, Vous y gagnerez peu. Sachez ce qui s'apprête.
Voyons.
ROSALIE
Ma mère...
Eh l)ieu?
ROSALIE
M'ordonne de vous fuir.
On n'aura point de peine à vous faire obéir.
ROSALIE
J'obéirai, sans doute.
d'à R VI ANE.
On vous l'a fait promettre?