ACTE I, SCENE IV. i3i
ROSALI E.
Qui sont-ils?
d'au VI AN E.
Tout le monde.
Mais encore il fautlroit me nommer...
Eh ! ce sont Tous ceux qui vous ont vue , et ceux qui vous verront. Paroîtrez-vous toujours surprise d être aimée? Ou n'y seriez-\ous pas encore accoutumée? Vous t'L'iyiiez d iynorer quel est votre pouvoir. On ne fjit point d'amant sans s'en apercevoir. Le marquis d'Orvijjni n'est pas sous votre empire?
ROSALIE
Et quand cela seroit, qu'auriez- vous à me dire?
Qu'il vous plaît de le voir épris de vos appas, Et qu'ici tous les jours il ne reviendroii pas Si vous ne l'attiriez.
ROSALIE
Je ilépens d'une mère, Et d'un oncle qui m'a toujours servi de père. Il m'aime, et vou< savez que je puis espérer D'en hériter un jour, s'il veut me préférer. Puis-je avoir trop d'égards pour tous ccuk qu'il honore? A l'égard du marquis, s'il m'aime, je 1 ignore. Tout ce que j'en puis dire est qu'il est fort discret.
d'arvi A>E.
Vous lui feriez bientôt avouer son secret.
i34 MÉLAXIDE.
ROSALIE
Je ne prétends lui faire aucune violence.
11 ne tardera pas à rompre le silence. Apprenez que vos yeuK en savent plus que vous. Vous leur laissez parler un langage si doux. Ils savent regarder d'une façon si tendre, Qu'on croit être bientôt en droit de les entendre; Chacun de vos regards paroît un sentiment, Qui semble autoriser les désirs d'un amant; Et dès qu'ils sont formés, l'espoir les fait éclore.
L'avez-vous, cet espoir, qui fait que l'on m'adore?
De tous ceux que l'amour a rois sous votre loi, Vous n'avez jamais su désespérer que moi.
ROSALIE
Qui vous force à souffrir un si dur esclavage?
d'arviane.
Vous, à qui l'on ne peut cesser de rendre hommage.
ROSALIE
Que vous ai-je promis? Osez le réclamer.
Ne s'engage-t-on pas quand ou se laisse aimer?
ROSALIE
Ainsi vous m'apprent-z, d'une façon discrète, Que naturellement je suis un peu coquette.
Ah 1 si vous vouliei l'être , il ue tiendroit qu'à vous.