ACTE I, SCENE IV. i
ROSALIE
Eh! n'est-ce point aussi que vous seriez jaloux?
d'aR VI ANE.
Qui suis-je donc pour être exempt de jalousie? Mais la mienne, bien loin d'être une frénésie. N'est qu'un sentiment vif, et toujours animé Par la crainte de perdre un objet trop aimé.
Non : je vous ai connu dès l'âge le plus tendre; Quand je pouvois encore à peine vous entendre, Il sembloit (jue pour vous l'amour et la raison Auroient dû dans mon cœur prévenir leur saison ; A vos fausses terreurs tout servoit de matière; Vous vouliez occuper mon ame tout entière. Chez vous l'inquiétude est dans son élément : On n'a jamais été plus injuste en aimant. En croyant pénétrer au fond de ma pensée, Hélas! combien de fois m'avez-vous offensée? L'amour dans votre cœur est toujours en courroux.
Ah ! vous me trahirez, je le sais mieux que vous.
ROSALI E.
De part et d'autre enfin laissons là le reproche. Monsieur, en attendant que le temps nous rapproche, Il faut vous éloigner, il faut nous séparer. Votre départ m'importe, allez le préparer. Imaginez pourtant que j'y serai sensible Autant que je dois l'être.
d'aR V I ANE.
Ali 1 seroit-il possible?
i36 MÉLAXIDE.
Oserois-je expliquer?
ROS ALI E
Finissons l'entretien :
Il n'a que trop duré ; je n'écoute plus rien.