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Chefs d'oeuvre dramatiques

VOLTAÎRE (F.4Ia. AlRbuÈt de) , "poète , auteur dramatique, romancier, historien, pfiilosophe, critique, érudit, et l'un des plus grands espritsdes temps modernes; Cliàtenay-lès-Sceaux 1 694-1 778. Entraîné par une vocation irrésistible vers les lettres et la poésie, il résista de bonne heure aux /désirs de son père, qiii le destinait à la magistrature, et puisa danfe'kts.,ç(i6iéT^; de&'-^t'ands seigneurs et des beaux-esprits avec lesquels son parrain, l'abbé de Chàteauneuf , le mit en relation, les premiers germes de cette philosophie épicurienne et de cette liberté de penser, auxquelles il a dû sa gloire. Déjà connu à vingt et un ans par son esprit satirique, il fut mis à la Bastille comme soupçonné d'être l'auteur d'une diatribe contre le feu roi. Ce fut pendant sa captivité qu'il ébaucha sa Eenriach et composa sa tragédie 6.'0Edipe. Rendu à la liberté au bout d'une année de détention, Voltaire donna (1718) son OEdipe^ qui obtint le plus grand succès, puis Artèmise (1720), Mariamne et V Indiscret (1725). La publication de /a Henriade racheta le succès équivoque de ces trois dernières compositions. Une querelle avec le chevalier

Vî NOTICE SUR VOLTAIRE.

de Rolian ayant été suivie d'une nouvelle captivité pour le jeune poète, puis (l'un ordre de quitter la France, il se rendit en Angleterre et s'y familiarisa, dans un séjour de trois ans, avec une philosophie et une littérature qu'il naturalisa ensuite parmi nous. Revenu à Paris clandestinement, il put s'y livrer sans être inquiété à dos spéculations financières qui l'enrichirent, et mit le comble à sa gloire par ses tragédies de Brutus (1730), à'Enjphile , de Zaïre (1732), à' Adélaïde Du Guesch'n (1734), et la publication du ImjiU du goût (1733), et de VHistoîre de Charles XII. Les Lettres philosophiques livrées à la publicité (1 735) attirèrent un nouvel orage sur la tête de Voltaire. l\ s'enfuit au château de Cirey (Lorraine), où il vécut dans une liaison intime avec la célèbre marquise du Chàtclet (1733-40). Ce fut là qu'il composa ou prépara les Elémenls de la philosohie de Newton (1 738) , Alzire^^ Mèrope , le Discours sur l'homme^ le Siècle de Louis XIV ^ VEssai sur les mœurs et l'Esprit des nations^ et la Pucelle d'Orléans. A la suite d'un court voyage à Berlin (1740), il fut rappelé à Paris par le ministère, composa divers opéras qui furent représentés à Versailles, et obtint par la protection de madame de Pompadour le brevet d'historiographe, une charge de gentilhomme de la chamb>e du roi , et une place à l'Académie (1746). Il tomba cependant bientôt en disgrâce, et, après avoir ùonnè' Sémiramis (1748), Oreste (1749), Rome sauvée (1752), et Nanine (1749), il se retira à Nancy, puis à Berlin, où Frédéric II le combla de faveurs (1750). Leur liaison fut de peu de durée. Voltaire, ennuyé de laver le linge sale de Frédéric, qui avait d'ailleurs prêté l'oreille aux perfides insinuations des rivaux du nouveau protégé, quitta définitivement Berlin (1753). Il parcourut quelque temps l'Allemagne, rédigea pour la duchesse deSaxe-Weimar les Annales de V empire., ouvrage médiocre ; passa à Strasbourg, à Colmar, à Lyon, et vint enfin se fixer A Ferney, dans le pays de Gox (1758). Ce fut là, dans une magnifique demeure qu'il fil construire, que s'écoulèrent ses vingt dernières années, penilant lesquelles il fit preuve d'une prodigieuse activité d'espril, et sembla se

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