‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 15 sur 284 · PREMIER PERSONNAGE DU CHOEUR · texte numérisé non relu

PREMIER PERSONNAGE DU CHOEUR

0 ciel, dont le pouvoir préside à notre sort,

Nommez une autre tête, ou rendez-nous la mort. piiiLocTÈTE. N'attendez point. Seigneur, outrage pour outrage ;

Je ne tirerai point un indigne avantage

Du revers inouï qui vous presse à mes yeux :

Je vous crois innocent malgré la voix des dieux.

3e vous rends la justice enfin qui vous est due.

Et que ce peuple et vous ne m'avez point rendue.

Contre vos ennemis je vous^offre mon bras ;

Entre un pontife et \ousje ne balance pas.

Un prêtre, quel qu'il soit, quelque dieu qui l'inspire,

Doit prier pour ses rois, et non pas les maudire. ŒDIPE. Quel excès de vertus! mais quel comble d'horreur!

L'un parle en demi-dieu, l'autre en prêtre imposteur. Au grand-prêtre. Voilà donc des autels quel est le privilège I

Grâce à l'impunité, ta bouche sacrilège,

Pour accuser ton roi d'un forfait odieux.

Abuse insolemment du comuierce des dieux!

Tu crois que mon courroux doit respecter encore

Le ministère saint que ta main déshonore.

Traître, au pied des autels il faudrait t' immoler,

A l'aspect de tes dieux que ta voix fait parler.

LE GRAND-PRÊTRE

Ma vie est en vos mains, vous en êtes le maUre : Profitez des moments que vous avez à l'être; Aujourd'hui votre arrêt vous sera prononcé. Tremblez, malheureux roi, votre règne est passe. Une invincible main suspend sur votre tête Un glaive menaçant que la vengeance apprête ; Bientôt^ de vos forfaits vous-même épouvanté, Fuyant loin de ce trône où vous êtes monté. Privé des feux sacrés et des eaux salutaires. Remplissant de vos cris les antres solitaires, Partout d'un dieu vengeur vous sentirez les coups ; Vous chercherez la mort ; la mort fuira do vous. Le ciel, ce ciel témoin de tant d'objets funèbres, N'aura plus pour vos yeux que d'horribles ténèbres Au crime, au châtiment malgré vous destiné Vous seriez trop heureux de n'être jamais ne. œuiPE, J'ai forcé jusqu'ici ma colère à t'entendre ; Si ton sang méritait qu'on daignât le répandre, De ton juste trépas mes regards satisfaits De ta prédiction préviendraient les effets. Va, fuis, n'excite plus le transport qui m'agite. Et respecte un courroux que la présence irrite: Fuis, d'Un mensonge indigne abominable auteur.

LE GRAND-PRÊTRE

Vous me traitez toujours de traître et d'imposteur :

Votre père autrefois me croyait plus sincère. OEDiPE. Arrête : que dis-tu ? qui? Polybe mon père... LE GRAND-PRÊTRE. Vous apprendrez trop tôt votre funeste sort;

Ce jour va vous donner la naissance et la mort.

Vos destins sont combles, vous allez vous connallre.

Malheureux ! savez-vous quoi sang vous donna l'être?

Entouré de forfaits à vous seul réservés,

Savez-vous seulement avec qui vous vivez?

0 Corintlie ! ô Phocide ! exécrable liyméwée!

Je vois naître ynerace impie, infortunée,

Digno de sa naissance, et de qui la fureur

Itcmplira l'univers d'épouvanlo et d'hoirour.

Sortons.

Page 1