I.ui-i)ième aux ennemis il ouvrit ce palais
Il y porta la tlamme ; et parmi le carnage,
Parmi les traits, les feux, le trouble, le pillage,
T. int du sang de vos fils, mais des brigands vainqueur.
Assassin de sou prince, il parut son vengeur.
D'ennemis, de mourants, vous étiez entourée;
Et moi, perçant à peine une fuule égarée.
J'emportai votre fils dans mes bras languissants^
Les dieux ont pris pitié de ces jours innocents i
Je l'ai conduit, seize ans, de retraite en retraite;
J'ai pris pour me cacher le nom de Polyclète;
Et luisqu'en arrivant je l'arrache à vos coups,
Pol\pîionte est son maître, et devient \otre éponx! MÉROPK. .Ah , tout mon sang se glace à ce récit liorrible. EURYCLÈs. On vient : c'est Polyphonie.
MiiuûPE. Odieux! est- il possible!
A Xarbas. Va, dérobe surtout ta vue à sa fureur. NARRAS. Hélas ! si votre fils est cher à votre cœur.
Avec son assassin dissimulez, madame.
EURVcLÈs, Renfermons ce secret dans le fond de notre âme.
Un seul mot peut le perdre.
MÉROPK, à Eurydès. Xh\ cours; et que tes veux
Veillent sur ce dépôt si cher si précieux. EURYCi.i-s. N'en doutez point.
Mi-.ROPi;. Hélas! j'espère en ta prudence :
C'est mon fils, c'est ton roi Dieux' ce mouïtre sasance.
SCÈN;-. VI. — Mkkope, Polvphonti^, Érox. Tsmknie, Suite.
POLVPUONTE. Le trône von? attend, et les autels sont prêts; L'hymen qui va nous joindre unit nos intérêts. Co:iune roi, comme époux, le devoii- me commando (jue je senge le meurtre, e. que je \ous défende. Ih'ux complices déjà, par mon ordre saisis,
T!ii;\Ti\E DE VOLT, 1
Vont payer de leur sang le sang de votre fils; Mais, malgré tons mes soins, voire lente vengeancô A bwa ïTiài secondé ma prompte vigilance. J'avais à votre bras remis cet assassin; Vous-même, disiez-voiis, deAJez percer son sein, wÉRoi'R. Plût aux dieux que mon bras fût le vengeur du crimsî POLYPHONIE. C'est le devoir des rois, c'est le soin qui maiiima. WÉROPE. Vous?
poîAPHUNTE. Pourquoi donc, madame, avez-vous différé? Votre amour pour un fils serail-il altéré? MÉROPE. Puissent ses ennemis périr dans les supplices ! Mais si ce meurlrier, seigneur, a des complices ; Si je pouvais par lui reconnaître le bras, Le bras dont mon époux a reçu le trépas... Ceux dont la race impie a massacré le père Poursuivront à jamais et le flls et la mère. Si l'on pouvait...
poLYPHONTE. C'cstlà co que je veux savoir* Et déjà le coupable est mis en mon pouvoir. MÉROPE. Il est entre vos mains ?
poLYPHONTE. Oui, madame, etj'espère Percer en lui parlant ce ténébreux mystère. MÉROPE. Ah! barbare!... A moi seule il faut qu'il soit remis.
Rendez-moi... Voossavez que vous l'avez promis. A part. 0 mon sang! ô mon fils! (juel sort on vous prépare! A Polyphonie. Seigneur, ayez pitié...
POLYPHOME. Quel transport vous égare!
Il mourra.
MÉROPE. Lui?
POLYPHONTE. Sa mort pourra vous consoler. MÉROPE. Ah ! je veux à l'instant le voir et lui parler. POLYPHONIE Ce mélange inouï d'horreur et de tendresse, Ces transports dont votre âme à pt-ine est la maîtresse., Ces discours commencés, ce visage interdit. Pourraient de quelque ombrage alarmer mon epprit. Mais puis-je m'expliquer avec moins de contrainte? D'un déplaisir nouveau votre âme semble atteinte. Qu'a donc dit ce vieillard que l'on vient d'amener ? Pourquoi fuit-il mes yeux? que dois-je en soupçonner? Quel est-il?
MÉROPE. Eh! seigneur, à peine sur le trône, La crainte, le soupçon déjà vous environne! POLYPHONIE. Partagez donc ce trône ; et, sûr de mon bonheur, Je verrai les souj)Çons exilés de mon cœur. L'autel attend déjà Mérope et Polyphonte. MÉROPE, en pleurant. Les dieux vous imt donné le trône de Cresphonl: 11 y manquait sa femme, et ce comble d horreur. Ce crime épouvantable...
ISMÉNIE. Eh, madame!
WÉROPE. Ah! seigneur.
Pardonnez.,. Vous voyez une mère éperdue." Les dieux m'ont tout ravi ; les dieux m'ont confondue. Pardonnez. . Démon fils rendez-moi l'assassin. POLYPHONIE. Tout son saog, s'il le faut, va couler sf us ma main. Venez, madame.
MÉROPE. 0 dieux! dans l'horreur qui me presse. Secourez une mère, et cachez sa faiblesse.