SCÈNE V. — Nanine, Blaisiï
BLAiSE. Ah! la voici. Madame la baronne En ma faveur vous a parlé, mignonne. ' Ouais, elle écrit sans me voir seulement.
NAMNE, écrivant touiours.
Biaise, bon jour.
BLAisE. Bonjour est sec, vraiment.
NANiNE, écrivant. A chaque mot mon embarras redouble;
Toute ma lettre est pleine de mon trouble. DLAiSE. Le grand génie ! elle écrit tout courant; Qu'elle a d'esprit! etque n'en ai-je autant! Ça, je disais...
NANINE. Eh bien ?
BLAiSE. Ella m'impose Par son maintien ; devant elle je n'ose M'expliquer.... là.... tout comme je voudrais : Je suis venu cependant toui exprès.
NANINE. Cher Biaise, il faut me rendre un grand service. BLAisE. Oh! deux plulôt.
NA^siNE. Je te fais la justice De me fier à ta discrétion, A ton bon cœur.
BLAisE. Oh! parlez sans façon :
Car, voyez-vous. Biaise est prêt à tout faire Pour vous servir; vite point de mystère. NANINE. Tu vas souvent au village prochain,
A Rémival, à droite du chemin?
BLAISE. Oui.
NANINE. Pourrais-tu trouver dans ce village Philippe Hombert?
BLAISE. Non. Quel est ce visage?
Philippe Hombert? je ne connais pasra.
NANINE. Hier au soir je crois qu'il arriva; Informe-t-en. Tâche de lui remettre, Mais sans délai, cet argent, cette lettre. BLAISE. Oh! de l'argent!
NANINE. Donne aussi ce paquet ; Monte à cheval pour avoir plus tôt fait ; Pars, et sois sûr do ma reconnaissance. DLvisK. .rirais pour vous au fin fond de lu France. I'liili|>pe Hombert est un heureux manant;
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La bourse est pleine : ah! que d argent comptant '. Est-ce une dette?
NANiNE. Elle est très avérée, 11 n'en est point, Biaise, de plus «ocrée ; Ecoule : Hombert est peul-Oire inconnu ; Peul-Î'lre môme il n'est pas revenu.
Mon cher ami, lu me rendras n^a lettre. Si tu ne peux en ses mains la remettre. BLAiSE. Mon cher ami !
NANINE. Je me Ce à ta foi.
BLAISE. Son cher ami !
NANINE. Va, j'attends tout de toi.