‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 228 sur 284 · SCENE II. — Oreste, Pîlade, Pammène · texte numérisé non relu

SCENE II. — Oreste, Pîlade, Pammène

ORESTE, à Pammène.

0 vous, qui secourez le sang d'Agamemnon, "Vous, vers qui nos malheurs et nos dieux sont mes guides. Pariez ; révélaz-moi les deslins des Atrides. Qui sont ces deux objets dont l'un m'a fait horreur. Et l'autre a dans mes sens fait passer la douleur? Ces deux femmes...

PAMMÈNE. Seigneur, l'une était votre mère...

ORESTE. Clytemnestre ! elle insulte aux mânes de mon père?

PAMMÈNE. Elle venait aux dieux vengeurs des attentats Demander un pardon qu'elle n'obtiendra pas. L'autre était votre sœur, la tendre et simple Iphise, A qui de ce tombeau l'entrée^lait permise.

ORESTE. Hélas ! que fait Electif'?

PAMMÈNE. Elle croit votre mort ; Elle pleure. j

ORESTE. Ah! grands dieux, qui conduisez mon sort, Çuoi ! vous ne voulez pas que ma bouche affligée Console de mes sœurs la tendresse outragée ! Quoi! toute ma famille, en ces lieux abhorrés. Est un sujet de trouble à mes sens déchirés !

PAMMÈNE. Obéissons aux dieux.

ORESTE. Que cet ordre est sévère!

PAMMÈNE. Ne vous en plaignez point ; cet ordre est salutaire : La vengeance est pour eux. Ils ne prétendent pas Qu'on touche à leur ouvrage, et qu'on aide leurs bras: Electre vous nuirait, loin de vous être utile; Son caractère ardent, son courage indocile. Incapable de feindre et de rien ménager. Servirait à vous perdre, au lieu de vous venger.

ORESTE. Mais quoi ! les abuser par celte feinte horrible?

PAMMÈNE. N'oubliez pointées dieux, dont le secours sensible Vous a rendu la vie au milieu du trépas. Contre leurs volontés si vous faites un pas. Ce moment vous dévoue à leur haine fatale : Tremblez, malheureux fils d'Atrée et de Tantale, Tremblez de voir sur vous, en ces lieux détestés, Tomber tous les lléaux du sang dont vous sortez,

ORESTE. Pourquoi nous imposer/par des lois inhumaines, Et des devoirs nouveaux, et de nouvelles peines ? Les mortels malheureux n'en ont-ils pas assez ? Sous des fardeaux sans nombre ils vivent terrassés. A quel prix, dieux puissants, avons-nous reçu l'être? N'importe, est-ce à l'esclave à condamner soû maître ? Obéissons, Pammène.

PAMMKNE. H le faut, et je cours

Eblouir le Lnibare armé contre vos jours.

Je (lirai qu'aujourd'hui le nieuilriiT d'Oreste

Doit remettre en ses mains celle cendre funeste. onRSTic. Allez donc. Je rougis mOme de le tromper, pAJiMii.NE. Avcui^lons la vicliuie, afin de la frai)(ier.

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