‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 234 sur 284 · SCÈNE VL — Electre, Oreste, Pylade, Pammèjîe · texte numérisé non relu

SCÈNE VL — Electre, Oreste, Pylade, Pammèjîe

ELECTRE. Ah ! venez et joignez tous vos transports aux miens;

Unissez-vous à moi, chers amis de mon frère. PYLADE, ô Oreste. Quoi ! vous avez trahi ce dangereux mystère!

Pouvez- vous...

oreste. Si le ciel veut se faire obéir,

Qu'il me donne des lois que je puisse accomplir. ELECTRE, à Pylade. Quoi ! vous lui reprochez définir ma misère?

Cruel ! par quelle loi, par quel ordre sévère.

De mes persécuteurs prenant les sentiments,

Dérobiez-vous Oreste a mes embrassements?

A quoi m'exposiez-vous ? Quelle rigueur étrange... PYLADE. Je voulais le sauver : qu'il vive, et qu il vous venge. PAMMÈNE. Princesse, on vous observe en ces lieux détestés;

On entend vos soupirs, et vos pas sont comptés,

Mes amis inconnus, et dont l'humble fortune

Trompe de nos tyrans la recherche impurtune,

Ont adoré leur maître : il était secondé.

Tout était prêt, madame, et tout est hasardé. ÉLFCTRE. Mais Egislhe^ en effet, ne m'a-t-il pas livrée

A la main qu'il croyait de mon sang altérée. d Oreste. Mon sort à vos deslins n'esl-il pas bsservi?

Oui, vous êtes mon maître : Egisthe esi obéi.

Du barbare une fois la volonté m'est chère.

Tout est ici pour nous.

PAMMENE. Tout vous devient contraire.

Egisthe est alarmé, redouiez son transport ;

Ses soupçons, croyez-moi, sont un arrêt de mort.

Séparons- nous, PTLADE à Pammène. 'Va, cours, ami fidèle et sage

Rassemble tes amis, achève ton ouvrage.

Les moments nous sont chers ; il est temps d'éclater. SCÈNE VII. — ÈGiSTHE, Clytbmnestbe, Electre, OnF.STE^ Pylade, Gardes.

ÉGisTHE. Ministres de mes lois, hâtez-vous d'arrêter,

Dans l'horreur des cachots de plonger ces deux traîtres. ORESTE. Autrefois dans Argos il régnait d'autres maître?

Qui connaissaient les droits de l'hospitalité. PYLADE. Egisthe, contre toi qu'avons-nous attenté?

De ce héros, au moins, respecte la jeunesse, ÉGISTHE. Allez, et secondez ma fureur vengeresse.

Quoi donc! a son aspect vous semblez tous frémir?

Allez, dis-je , et gardez de me désobéir :

Qu'on les traîne.

ELECTRE. Arrêtez ! Osez-vous bien, barbare...

Arrêtez! le ciel même est de leur sang avare;

Ils sont tous deux sacrés... on les entraîne... ah dieux! ÉGISTHE. Electre, frénùssez pour vous co:iime pour eux;

Perfide^ en m'éclairant redoutez ma colère.

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