SCÈNE. IIL — Argire, les chevaliers
ARGIRE. Mes amis, dans une telle injure... Après son aveu même... après ce crime alfreux... Excusez d'un vieillard les sanglots doulnuroux...
Je dois lout à l'Elat... mais tout à la nature. Vous n'exigerez pas qu'un père malliourcux, A vos sévères voix mêle sa voix tremblante. Aménaïde, hélas! ne pt-ul être innocente; Mais signer à la fois mon opprobre et sa mort, Vous ne le voulez pas... c'est un barbare effort : La nature en frémit, et j'en suis incapable. LOftKDAN. i>'ous plaignons tous, seigneur, un père respectable Nous sentons sa blessure, et craignons de l'aigrir : Wais vous-même a\ez vu celte lettre coupable; L'esclave la portait au camp de Solamir; Auprès de ce camp même on a surpris le traître. Et l'insolent Arabe a pu le voir punir. Ses odieux desseins n'ont que trop su paraître. L'Etatétait perdu. Nos dangers, nos serments, Ne soutTrenl point de nous de vains ménagements : Les lois n'écoutent point la pitié paternelle; L'Elat parle, il suffit.
ARGiRE. Seigneur, je vous entends.
Je sais ce qu'on prépare à cette criminelle. jNJais elle était ma (ille... et voilà son époux... Je cède à ma douleur... je m'abandonne à vous... Il ne me reste plus qu'à mourir avant elle. {Il sort.)