SCÈNE VIL— Aménaide, Soldats, dan ^'enfoncement
AMÉNA'iDE. J'ai donc dicté l'arrêt .. et je me sacrifie! 0 toi, seul des humains qui méritas ma foi. Toi, pour qui je mourrai, pour qui j'aiuiais ia vie. Je suis donc condamnée... Oui. je le suis pour toi; Allons., je l'ai voulu .. mais tant d'ignominie, Mais un père accablé, dont les jours vont finir! Des liens, des bourreaux... ces apprêts d' infamie! 0 mort! affreuse mort ! puis-je vous soutenir? Tourments, trépas honteux... tout mon courage cède. Non, il n'est point de honte en mourant pourTancrède; On peut m ôler le jour, et non pas me punir. Quoi ! je meurs en coupable!., un père, une patrie! Je les servais tous deux, et tous deux m ont tléiriel
Et je n'aurai pour moi, dans ces momcnls d'horreur,
Que mon seul tcmoignago, et la voix de mon cœur! (^1 Fanie qui entre. )
Quels moments pour Tancrède ! 0 ma chère Fanie! {Fanie lui baisse la main enpleurant, et Aménnuk l'embrassi,)
La douceur de te voir ne m'est donc point ravie ! FAME. Que ne puis-je avant vous expirer en ces lieux! AMÉNAiDE. Ah!., je vois s'avancer ces monstres odieux... (Les gardes qui étaient datis le fond s' avancent pour l'emmener.)
Porte un jour au héros à qui j'étais unie
Mes derniers sentiments, et mes derniers adieux,
Fanie... il apprendra si je mourus fidèle.
Je coûterai du moins des larmes à ses yeux;
Je ne meurs que pour lui... ma mort est moins cruelle.