‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 275 sur 284 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

SCÈNE I. — Tancuède, Lokldan, CuEVALiEns. Jlarche guerrière ; on purte les armes de Tancrède devaal lui. LonÉDAN. Seigneur, voire victoire est illustre et fatale ; Vous nous avez pri\és d'un bravo ch^nalier, Dont le cœur à l'Lîtat se livrait to;U entier. Et de qui la valeur fut à la vôtre égale, Ne pouvons-nous savoir volrc nom, votre sort? TANCRÈDE, daus V altUude d'un homme pensif et affligé. Orbas^an ne l'a su qu'on recevant la mort ; Il emporte au tombeau mon secret et ma haine. De mon sort malheureux ne soyez point en peine ; Si je puisvous servir, qu'importe qui je sois? LORÉDAN. Demeurez ignoré, puisque vous voulez l'être; Mais que votre vertu se fasse ici connaître Par un courage utile et de dignes exploits. Les drapeaux du croissant dans nos champs vont paraître; Défendez avec nous notre culte et nos lois ; Voyez dans Solamir un plus grand adversaire : Nous perdons notre appui, mais vous le remplacez. Rendez-nous le héros que vous nous ravissez Le vainqueur d'Orbassan nous devient nécessaire. Solamir vous attend.

TANCRÈDE. Oui, je VOUS aï promis De marcher avec vous contre vos ennemis; Je tiendrai ma parole : et Solamir peut-être Est plus mon ennemi que celui de l'État. Je le hais plus que vous : m.ais, quoi qu'il en puisse être, Sachez que je suis prêt pour ce nouveau combat. CATA.NE. Nous attendons beaucoup d'une telle vaillance; Attendez tout aussi de la reconnaissance Que devra Syracuse à votre illustre bras. TANCUÈDE. Il n'eu est point, pour moi, je n'en exige pas; Je n'en veux point, seigneur; et celte triste enceinte N'a rien qui désormais soit l'objet de mes vœux. Si je verse mon sang, si je meurs malheureux, Je ne prétends ici récompense, ni plainte, Ni gloire, ni pitié. Je ferai mon dovoir ; Solamir me \erra, c'est-la tout n;on espoir. LORÉDAN. C'est celui de l'État , déjà le temps nous presse. Ne songeons qu'à l'objet qui tous nous intéresse,

A la victoire;, et vous qui l'allez partagez, Vous serez averti quand il faudra vous rendre Au posle où l'ennemi croit bientôt nous surprendre. Dans le sang musulman tout prêts à nous plonger. Tout autre sentiment nous doit ôtre étranger. Ne pensons, croyez-moi, qu'a servir la patrie.

{Les chevaliers sortent.) TANCRÈDE. Qu'elle en soit digne ou non, je lui donne ma vio.

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