‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 38 sur 284 · VALÉRIUS · texte numérisé non relu

VALÉRIUS

On trahit Rome.

niiuris. Ah! qu'entends-je?

vALKRiiR.On conspire.

Je n'en saurais douter ; on nous trahit, seigneur. De cet affreux complot j'ignore encor l'auteur ;

Mais le nom deTarquin vient df! s^e faire enfondre,

El d'indignes Romains onf p'jriô de se temli p. cnuTUS. Des citoyens irtmains ont demandé des fers! VALÉRius. Les perfides m'ont fui par des chemins divers;

On les suit. Je soupçonne et Menas et Lélie,

Ces partisans des rois et de la tyrannie,

Ces secfets ennemis du bonheur de l'État,

Ardents à désunir le peuple et le sénat.

Messala les protège; et, dans ce trouble extrême,

J'oserais soupçonner jusqu'à Mes?ala même,

Sans l'étroite amitié dont l'honore Titus. BuuTus. Observons tous leurs pas: je ne puis rien d3plus ;

La liberté, la loi dont nous sortîmes les pères.

Nous défend des rigueurs peut-être nécessaires.

Arrêter un Romain sur de simples soupçons.

C'est agir en tyrans, nous qui les punissons.

Allons parler au peuple, enhardir les timides,

Encourager les bons, étonner les perfides.

Que les pères de Rome et de la liberté

Viennent rendre aux Romains leur intrépidité;

Quels cœurs en nous voyant ne reprendront courage!

Dieux! donnez-nous la mort plutôt que l'esclavage.

Que le sénat nous suive.

SCÈNE VIIL — Brutus, Valérius, PnocrLUS. PROCULUS. Un esclave, seigneur,

D'un entretien secret implore la faveur. BRUTUS. Dans la nuit't^ à celle heure?

PROCDLUS. Oui, d'un avis fidèle

Il apporte, dit-il, la pressante nouvelle. BRUTUS. Peut-êlfe des Romains le salut en dépend:

Allons, c'est les trahir que tarder un moment. A Proculus. Vous, allez vers mon fils, qu'à cette heure fatalo

Il défende surtout la porte Quirinale,

Et que la terre avoue, au bruit de ses exploits.

Que le sort de mon sang est de vaincre les rois.

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