SCENE IV. — Adélaïde, TaTse
ADÉLAÏDE. On l'emporte, il expire : il faut que je le suive. TAïsE. Ah! que celte douleur se taise et se captive.
Plus vous l'aimez, madame, et plus il faut songer
Qu'un rival violent...
ADÉLAÏDE. Je songe à son danger.
Voilà ce que l'amour et mon malheur lui coûte.
Taïse, c'est pour moi qu'il combattait, sans doute,
C'esl moi que dans ces murs il osait secourir ;
11 servait son monarquR, il m'allait conquérir.
Quel prix de tant de soins! quel fruit de sa constancel
Hélas: mon tendre amour accusait son absence :
Je demandais Nemours, et le ciel me le rend :
J'ai revu ce que j'aime, et l'ai revu mourant;
Ces lieux sont teints du sang qu'il versait à ma vue.
Ah! Ta'ïse! est-ce ainsi que je lui suis rendue?
Va le trouver; va, cours auprès de mon amant. TAïsE. Eh! ne craignez-vous pas que tant d'empressement
M'ouvre les yeux jaloux d'un prince qui vous aime?
Tremblez de découvrir. . .
ADÉtAïDE. J'y volerai moi-même.
D'une autre main, Taise, il reçoit des secours i
Un autre a le bonheur d'avoir soin de ses jours?
Il faut que je le voie, et que de son amante
La faible main s'unisse à sa main défaillante.
Hélas! des mêmes coups nos deux cœurs pénétrés... TAÏSE. Au nom de cet amour arrêtez, demeurez.
Reprenez vos esprits.
ADÉLAÏDE. Rien ne m'en peut distraire.