SCÈNE 111. — Vencôme, Adélaii^e
ADÉLAÏDE. "S'cus l'emportez, seigneur, et puisque voire haine (Comment pui?-je autrement appeler en ce jour ( es iiflnux sentiments que vous nouirnez amour?) l'uisqu'àra\ir ma foi voire haine obstinée Veut, ou le sang d'un frère, ou ce triste hyménée... l'uisque je suis rédèite au déplorable sort,, Ou de tiahir Kemaurs, ou de hâter sa mort, lÀt que de votre rage, cl nànistre et victime, Je n'ai pkisqc'à choisir mon supplice ei mon crime; M m choix est fait, seigneur^ et je me donne a vous : Pa \ le droit des forfaits vous êtes mon époux ; Tr.scz les fers honteux dont vous chargez un frère. De LiHe sous ses pas abaissez la barrière ; Que je ne tremble plus pour des jours si chéris ; Je trahis mon amant, je le perds à ce prix ; Je vous épargne un crimC; et suis votre conquête : Commandez,' disposez, ma main est toute prête. Sachez que cette main que vous tyrannisez Punira la faiblesse où vous me réduisez; Sachez qu'au temple même où vous m'allez conduire... Mais vous voulez ma toi, ma foi doit vous suffire. Allons... Eh quoi! d'où vient ce silence affecté? Quoi! votre frère encor n'est point en liberté? VENDÔME. Mon frère!
ADÉLAÏDE. Dieu puissant! dissipez mes alarmes! Ciel ! de vos yeux cruels je vois tomber des larmes ! VENDÔME. Vousdemandez sa vie...
ADÉLAÏDE. Ah! qu'est-ce que j'entends?
Vous qui m'aviez promis...
VENDÔME. Madame, il n'est plus temps.
ADÉLAÏDE. Il n'est plus temps! Xemours!...
VENDÔME, Uesltrop vrai, cruelles Oui, vous avez dicté sa sentenc-e B-fortelie. Coucy, pour nos malheurs, a trop su m'obéir. Ah! revenez à vous, vivez pour me punir : Frappez; que votre rnain, contre moi ranimée, Perce un cœur inhumain qui vous a trop aimée, Un cœur dénaturé qui n'attend que vos coups. Oui, j'-oi tué mon frère, et je l'ai tué pour vous. Vengez sur un amant coupable et sanguinaire Tous les crimes afi'reux que \ou- m'avez lait l^iirc. ADÉLAÏDE. Nemoursest mort? barba'Ve! ..
VENDÔME. Oui, maisc'estdetamain Que son sang veut ici le sang de l'assassin.
ADÉLAÏDE, soutenue par Taise, et presque évanouie, II est mon l
VENDÔME Ton reproche...
ADÉLAÏDE. Épargne ma misère.
Laîsse-moi, je n'ai plus de reproche à le faire ;
Va, porte ailleurs ton crime et ton vain repentir.
Je teux encor le voir, l'embrasser et mourir. TENDÔME. Ton horreur est trop juste. Eh bien ! Adélaïde,
Prends ce fer, arme-toi, mais contre un parricide.
Je ne mérite pas de mourir de tes coups;
Que ma main les conduise.