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SCÈNE L —Vendôme, in Officier, Gardes

VENDÔME. 0 ciel ! me faudra-t-il de moments en moments

Voir et des trahisons et des soulèvements?

Eh bien ! de ces mutijis l'audace est terrassée? l'officier. Seigneur, ils vous ont vu, leur foule est dîspcrïce. VENDÔME. L'ingrat de tous côtés m'opprimait aujourd'hui ;

Mon malheur est parfait, tous les cœurs sont à lui.

Dangeste est-il puni de sa fourbe cruelle"/ l'officier. Le glaive a fait couler le sang de l'infidèle. VENDÔME. Ce soldat, qu'en secret \ous m'avez amené,

Va-t-il CKcculer l'ordre que j'ai donné? l'officieu Oui. seigneur, et dejà'vers la tour il s'avance. VENDÔME. .It vais donc à la fin jouir de ma vengeance :

Sur l'inceilain Coucy mon cœur a trop compté; .

Il a vu mn fureur avec tranquillité ;

On ne soiiuige point dc-s douleuis qu'on méprise ;

11 faut (jucn d autres nioino ma a engeance sciî mise.

Vous, que sur nos remparts on porte nos drapeaux; Allez, qu'on se prépare à des périls nouveaux. Vous sortez d'un combat, un autre vous appelle, Ayez la même audace avec le même zèle : Imitez votre maître ; et s'il vous faut périr, Vous recevrez de moi l'exemple de mourir. Seul. Le sang, l'indigne sang qu'a demandé ma rage Sera du moins pour moi le signal du carnage : Un bras vulgaire et sûr va punir mon rival; Je vais être servi : j'attends l'heureux signal. Nemours, tu vas périr ; mon bonheur se prépare.... Un frère assassiné ! quel bonheur ! Ah barbare! S'il est doux d'accabler ses cruels ennemi:?, Si ton cœur est content, d'où vient que tu frémis ? Allons... Mais quelle voix génaissante et sévère Crie au fond de mon cœur : Arrêle, il est ton frère ! Ah! prince infortuné, dans ta haine affermi, Songe à des droits plus saints : Nemours fut ton ami! 0 jours de notre enfiince! ô tendresses passées ! Il fut le confident de loules mes pensées ; Avec quelle innocence et quels épanchements Nos cœurs se sont appris leurs premiers sentiments! Que de fois, partageant mes naissantes alarmes, D'une main fraternelle essuya-t-il m.es larmes! Et c'est moi qui l'immole! et cette môme main D'un frère que j'aimai déchirerait le soin ! 0 passion funeste! ô douleur qui m'égare ! Non, je n'élais point né pour devenir barbare. Je sens combien le crime est un fardeau cruel, Mais que dis-je ? Nemours est le seu criminel. Je reconnais mon sang, mais c'est à sa furie ; Il m'enlève l'objet dont dépendait ma vie ; Il aime Adélaïde.,. Ah ! trop jaloux transport! 11 l'aime ; est-ce un forfait qui mérite la mort? Hélas ! malgré le temps, et la guerre, et l'absence. Leur tranquille union croissait dans le silence; Ils nourrissaient en paix leur innocente ardeur, Avant qu'un fol amour empoisonnât mon cœur. Mais lui-même il m'attaque, il brave ma colère, Il me trompe, il me hait : n'importe , il est mon frère ! Il ne périra point. Nature, je me rends; Je ne veux point marcher sur les pas des tyrans. Je n'ai point entendu le signal homicide, L'organe des forfaits, la voix du parricide; Il en est encor temps.

SCÈNR II. — Vendôme, l'Officier des Gardes.

VENDÔME. Que l'on sauve Nemours!

Portez mon ordre, allez, répondez de ses jours. t'oFFiciKR. Hélas, seigneur! j'ai vu non loin de cette porte Un corps souillé de sang qu'en secret on emoorte ; C'est Coucy qui l'ordonne; et jo-craius que le sort...

VENDÔMi'':. {On entend le canon.) Quoi, déjà. ..! Dieu!qu'entends-je.' ah ciel! mon frère est mort, Il est mort, cl je vis! et la terre cnlr'ouverlo, l-t la foudre eu éclats n'ont |)oint vengé sa oerte! (■uiienii de l'Ëlat, f.îctieux, inhumain, Frère dénaluié, ravisseur, assassin :

Voila quel est Vendôme. Ah! vérité funeste 1

Je vois ce que je suis et ce que je déteste! Le voile est dédiirr, je m'étais mal connu. Au comble des forfaits je suis donc parvenu! Ah, Nonioiirsi ah, mon frère! ah, jour de ma ruine Je sens uue je l'aimais, et mon bras t'assassine; Mon frère!

L'oKKiciEn. Adela'ide avec empressement

Veut, seigneur, en secrel vous parler un moment. VENuôME. Chers amis, empochez que la cruelle avance; Je ne puis soutenir ni souffrir sa présence : Mais non, d'un p?rricide elle doit se venger; Dans mon coupable sang sa main doit se plonger; Qu'elle entre... Ah! je succombe^ et ne vis plus qu'à peine.

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