SCÈNE I
ftLzinE. Mânes de mon am^ftit, j'ai donc trahi ma foi I C'en est fait, et Gusman règne à jamais sur moi! L'océan, qui s'élève entre nos hémisphères, A donc mis entre nous d'impuissantes barrières j Je suis à lui ; l'autel a donc reçu nos vœux ! Et déjà nos serments sont écrits dans les cieux ! O toi qui me poursuis, ombre chère et sanglante^ A mes sens désolés ombre à jamais présente. Cher amant, si mes pleurs, mon trouble, mes romords Peuvent percer ta toii'be et passer chez les morts, Si le pouNoir d'un Dieu fait survivre à sa cendre Cet esprit d'un héros, ce coeur fidèle et tendre, ^Celto âme qui m'aima jusqu'au dernier soupir, Pariionne à cet hymen où j'ai pu consentir! Il fallait ra'immoler aux volontés d'un père. Au bien do mes sujets dont je me sens la mère, A tant de malheureux, aux larmes des vaincus. Au soin de l'univers, hélas: où tu n'es plus. Zamore, laisse en paix mon âme déchirée Suivre latlVcux devoir où les cieux m'ont livrée; Souffre un joug imposé par la nécessité ; Permets ces nœuds cruels, ils m'ont assez coulé.