‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 100 sur 386 · LE VIEIL HORACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL HORACE, CAMILLE

LE VIEIL HORACE

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme ; Qu'il me fuie à Tégal des frères de sa femme : Pour conserver un sang qu'il tient si précieux, n n'a rien fait encor s'il n'évite mes yeux. Sabine y peut mettre ordre, ou derechef j'atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste...

CAMILLE

Ah! mon père, prenez un plus doux sentiment; Vous verrez Rome même en user autrement; Et, de quelque malheur que le ciel l'ait comblée, Excuser la vertu sous le nombre accablée.

LE VIEIL HORACE

Le jugement de Rome est peu pour mon regard, Camille; je suis père, et j'ai mes droits à part. Je sais trop comme agit la vertu véritable : C'est sans en triompher que le nombre l'accable; Et sa mâle vigueur, toujours en même point, Succombe sous la force, et ne lui cède point. Taisez-vous, et sachons ce que nous veut Valère.

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