ACTE IV, SCÈNE Yl
Rome qui t'a vu naitre, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés!
Et, si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que l'Orient contre elle à l'Occident s'allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers!
Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles ;
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux!
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre.
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir.
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir!
HORACE, mettant Tépée à la main, et poornaivant sa sœur qui
8'enfuit«
C'est trop, ma patience à la raison fait place ; Va dedans les enfers plaindre ton Curiace !
CAMUiLE, blessée derrière le théâtre.
Ah, traître!
HORACE, revenant sur le théâtre.
Ainsi reçoive un châtiment soudain Quiconque ose pleurer un ennemi romain!