‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 13 sur 386 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

D. RODRIGUE

Tout autre que mon père L'éprouverait sur Theure.

Agréable colère !

Digne ressentiment à ma douleur bien doux ! Je reconnais mon sang à ce noble courroux ; Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ; Viens me venger.

D. RODRIGUE

De quoi?

D. DIÈGUE

D'un affront si cruel, Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel ; D'un soufflet. L'insolent en eût perdu la vie; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie ; Et ce fer, que mon bras ne peut plus soutenir. Je le remets au tien pour venger et punir. Va contre un arrogant éprouver ton courage : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage ; Meurs, ou tue. Au surplus, pour ne te point flatter. Je te donne à combattre un homme à redouter ; Je l'ai vu , tout couvert de sang et de poussière , Porter partout l'efiroi dans une armée entière. J'ai vu, par sa valeur, cent escadrons rompus ; Et pour t'en dire encore quelque chose de plus , Plus que brave soldat, plus que grand capitaine, \j est. . •

D. RODRIGUE

De grâce, achevez.

D. DIÈGUE

Le père de Chimène.

D. RODRIGUE

D. DIÈGUE

Ne réplique point, je connais ton amour :

30 LE GID.

Mais qui peut vivre infAme est indigne du jour ; Plus Toffenseur est cher, et plus grande est Toffense. Enfin tu sais Taffront, et tu tiens la vengeance : Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi , Montre-toi digne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range , Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

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