‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 14 sur 386 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

D. RODRIGUE

Percé jusques au fond du cœur D une atteinte imprévue aussi bien que mortelle , Miséra^jle vengeur d'une juste querelle , Et malheureux objet d'une injuste rigueur. Je demeure immobile, et mon âme abattue Cède au coup qui me tue.

Si près de voir mon feu récompensé ,

0 Dieu, rétrange peine!

En cet af&ont mon père est l'offensé, Et l'offenseur le père de Chimène!

Que je sens de rudes combats !

Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse : Il faut venger un père, et perdre une maîtresse. L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras. Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme, Ou de vivre en infâme.

Des deux côtés mon mal est infini.

0 Dieu, l'étrange peine!

Faut-il laisser un affront impuni?

Faut-il punir le père de Chimène?

Père, maîtresse, honneur, amour.

Noble et dure contrainte, aimable tyrannie ! Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.

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