EMILIE, CINNA, FULVIE
iEMILIE.
Grâces aux dieux, Cinna, ma frayeur était vaine ;
Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi,
Et je n*ai point eu lieu de m* employer pour toi.
Octave en ma présence a tout dit à Livie,
Et par cette nouvelle il jn'a rendu la vie.
Le désavouerez-vous ? et du don qu'il me fait Voudrez-vous retarder le bienheureux effet ?
iEMILIE.
L'effet est en ta main.
CINNA
Mais plutôt en la vôtre.
iEMILIE.
Je suis toujours moi-même, et mon cœur n'est point autre ; Me donner à Cinna, c'est ne lui donner rien. C'est seulement lui faire un présent de son bien.
CINNA
Vous pouvez toutefois... ô ciel! l'osé-je dire?
iEMILIE.
Que puis-je? et que crains-tu?
CINNA
Je tremble, je soupire.
Et vois que si nos cœurs avaient mêmes désirs, Je n'aurais pas besoin d'expliquer mes soupirs. Ainsi je suis trop sûr que je vais vous déplaire ; Mais je n'ose parler, et je ne puis me taire.
iEMILIE.
C'est trop me gêner, parle.
CINNA
n faut vous obéir.