‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 144 sur 386 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Et, malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées, Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE

Lui seul les encourage, et lui seul les séduit! 0 le plus déloyal que la terre ait produit ! 0 trahison conçue au sein d'une furie ! 0 trop sensible coup d'une main si chérie ! Cinna, tu me trahis ! Polyclète, écoutez.

(U lai parle à l'oreille.) POLYCLÈTE.

Tous VOS ordres, seigneur, seront exécutés.

AUGUSTE

Qu'Éraste en même temps aille dire à Maxime Qu'il vienne recevoir le pardon de son crime.

(Polyclète rentre.) EUPHORBE.

Il l'a jugé trop grand pour ne pas s'en punir.

A peine du palais il a pu revenir,

Que, les yeux égarés, et le regard farouche,

Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche,

Il déteste sa vie et ce complot maudit,

M'en apprend l'ordre entier tel que je vous l'ai dit;

Et m'ayant commandé que je vous avertisse,

Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice,

» Que je n'ignore point ce que j'ai mérité. »

Puis soudain dans le Tibre il s'est précipité ;

Et l'eau grosse et rapide, et la nuit assez noire.

M'ont dérobé la fin de sa tragique histoire.

AUGUSTE

Sous ce pressant remords il a trop succombé. Et s'est à mes bontés lui-même dérobé ; Il n'est crime envers moi qu'un repentir n'efface : Mais puisqu'il a voulu renoncer à ma grâce. Allez pourvoir au reste, et faites qu'on ait soin De tenir en Ueu sûr ce fidèle témoin.

196 CINNÀ.

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