SCÈNE I
AUGUSTE, EUPHORBE, POLYCLÈTE, gardes.
AUGUSTE
Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.
EUPHORBE
Seigneur, le récit même en paraît effroyable : On ne conçoit qu'à peine une telle fureur. Et la seule pensée en fait frémir d'horreur.
AUGUSTE
Quoi! mes plus chers amis! quoi! Cinna! quoi! Maxime! Les deux que j'honorais d'une si haute estime, A qui j'ouvrais mon cœur, et dont j'avais fait choix Pour les plus importants et plus nobles emplois! Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire. Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire! Maxime a vu sa faute, il m'en fait avertir. Et montre un cœur touché d'un juste repentir ; Mais Cinna!
EUPHORBE
Cinna seul dans sa rage s'obstine.
Et contre vos bontés d'autant plus se mutine ; Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords,