PTOLOMÉE, CLÉOPATRE, ACHORÉE, CHARMION
CLÉOPATRE
J'ai VU César, mon frère , Et de tout mon pouvoir combattu sa colère.
PTOLOHÉE.
Vous êtes généreuse; et j'avais attendu Cet office de sœur que vous m'avez rendu. Mais cet illustre amant vous a bientôt quittée.
CLÉOPATRE
Sur quelque brouillerie en la ville excitée ,
Il a voulu lui-même apaiser les débats
Qu'avec nos citoyens ont eus quelques soldats ;
Et moi, j'ai bien voulu moi-même vous redire
Que vous ne craigniez rien pour vous ni votre empire ;
Et que le grand César blâme votre action
Avec moins de courroux que de compassion.
Il vous plaint d'écouter ces lâches politiques
Qui n'inspirent aux rois que des mœurs tyranniques.
Ainsi que la naissance , ils ont les esprits bas ;
En vain on les élève à régir des États :
Un cœur né pour servir sait mal comme on commande ;
Sa puissance l'accable alors qu'elle est trop grande ;
Et sa main que le crime en vain fait redouter.
Laisse choir le fardeau qu'elle ne peut porter.
PTOLOMÉE
Vous dites vrai, ma sœur, et ces effets sinistres
Me font bien voir ma faute au choix de mes ministres.
Si j'avais écouté de plus nobles conseils ,
Je vivrais dans la gloire où vivent mes pareils ;
Je mériterais mieux cette amitié si pure
Que pour un frère ingrat vous donne la nature ;
César embrasserait Pompée en ce palais ;
Notre Egypte à la terre aurait rendu la paix ,