‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 249 sur 386 · ACTE iV, SCÈNE il · texte numérisé non relu

ACTE iV, SCÈNE il

Et verrait son monarque encore à juste titre Ami de tous les deux et peut-être l'arbitre. Mais , puisque le passé ne peut se révoquer, Trouvez bon qu'avec vous mon cœur s'ose expliquer.

Je vous ai maltraitée, et vous êtes si bonne, Que vous me conservez la vie et la couronne. Yainquez-vous tout à fait; et, par un digne effort, Arrachez Achillas et Photin à la mort : Elle leur est bien due ; ils vous ont offensée ; Mais ma gloire en leur perte est trop intéressée : Si César les punit des crimes de leur roi , Toute l'ignominie en rejaillit sur moi : Il me punit en eux ; leur supplice est ma peine. Forcez, en ma faveur, une trop juste haine. De quoi peut satisfaire un cœur si généreux Le sang abject et vil de ces deux malheureux? Que je vous doive tout : César cherche à vous plaire , Et vous pouvez d'un mot désarmer sa colère.

cléopâtre.

Si j'avais en mes mains leur vie et leur trépas , Je les méprise assez pour ne m'en venger pas ; Mais sur le grand César je puis fort peu de chose. Quand le sang de Pompée à mes désirs s'oppose. Je ne me vante pas de pouvoir le fléchir; J'en ai déjà parlé, mais il a su gauchir ; Et, tournant le discours sur une autre matière, n n'a ni refusé ni souffert ma prière. Je veux bien toutefois encor m'y hasarder, Mes efforts redoublés pourront mieux succéder ; Et j'ose croire...

PTOLOMÉE

Il vient ; souffrez que je l'évite :

Je crains que ma présence à vos yeux ne l'irrite , Que son courroux ému ne s'aigrisse à me voir; Et vous agirez seule avec plus de pouvoir.

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