CHARMION, PHILIPPE
CORNÉLIE
César, tiens-moi parole, et me rends mes galères.
Achillas et Photin ont reçu leurs salaires :
Leur roi n'a pu jouir de ton cœur adouci ;
Et Pompée est vengé ce qu'il peut l'être ici.
Je n'y saurais plus voir qu'un funeste rivage
Qui de leur attentat m'offre l'horrible image,
Ta nouvelle victoire, et le bruit éclatant
Qu'aux changements de roi pousse un peuple inconstant;
Et, parmi ces objets, ce qui le plus m'afflige.
C'est d'y revoir toujours l'ennemi qui m'oblige.
Laisse-moi m'affranchir de cette indignité.
Et souffre que ma haine agisse en liberté.
A cet empressement j'ajoute une requête :
Vois l'urne de Pompée; il y manque sa tête :
Ne me la retiens plus ; c'est l'unique faveur
Dont je te puis encor prier avec honneur.
CÉSAR
Il est juste, et César est tout prêt de vous rendre Ce reste où vous avez tant de droit de prétendre;