‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 279 sur 386 · GÉRONTE, CLARICE, ISABELLE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, CLARICE, ISABELLE

CLAUICE.

Je sais qu'il vaut beaucoup, étant sorti de vous : Mais, monsieur, sans le voir, accepter un époux, Par quelque haut récit qu'on en soit convive, C'est grande avidité de se voil* mariée. D'ailleurs, en recevoir visite et compliment, Et lui permettre accès en qualité d'amant, A moins qu'à vos projets un plein effet réponde, Ce serait trop donner à discourir au monde. Trouvez donc un moyen de me le faire voir. Sans m'exposer au blâme et manquer au devoir.

GÉRONTE

Oui, vous avez raison, belle et sage Clarice; Ce que vous m'ordonnez est la même justice; Et comme c'est à nous à subir votre loi. Je reviens tout à l'heure, et Dorante avec moi. Je le tiendrai longtemps dessous votre fenêtre, Afin qu'avec loisir vous puissiez le connaître. Examiner sa taille, et sa mine, et son air, Et voir quel est l'époux que je vous veux donner. Il vint hier de Poitiers, mais il sent peu l'école; Et si l'on pouvait croire un père à sa parole. Quelque écoUer qu'il soit, je dirais qu'aujourd'hui Peu de nos gens de cour sont mieux taillés que lui, Mais vous en jugerez après la voix publique.

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