‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 281 sur 386 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Qu'elle veut cette nuit le voir par sa fenêtre. Comme il est jeune encore, on ly verra voler; Et là, sous ce faux nom, vous pourrez lui parler, Sans qu'Àlcippe jamais en découvre l'adresse, Ni que lui-même pense à d'autre qu'à Lucrèce.

CLARICE

L'invention est belle ; et Lucrèce aisément

Se résoudra pour moi d'écrire un compliment :

J'admire ton adresse à trouver cette ruse.

ISABELLE

Puis-je vous dire encor que, si je ne m'abuse. Tantôt cet inconnu ne vous déplaisait pas ?

CLARICE

Ah ! bon Dieu ! si Dorante avait autant d'appas, Que d' Alcippe aisément il obtiendrait la place !

ISABELLE

Ne parlez point d' Alcippe ; il vient.

CLARICE

Qu'il m'embarrasse !

Va pour moi chez Lucrèce, et lui dis mon projet. Et tout ce qu'on peut dire en un pareil sujet.

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