‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 282 sur 386 · CLARICE, ALCIPPE · texte numérisé non relu

CLARICE, ALCIPPE

ALCIPPE

Ah ! Clarice ! ah ! Clarice ! inconstante ! volage !

CLARICE, à part, le premier vers.

Aurait-il deviné déjà ce mariage?

Alcippe, qu'avez-vous ? qui vous fait soupirer?

Ce que j'ai, déloyale! eh ! peux-tu l'ignorer? Parle à ta conscience ; elle devrait t'apprendre. . .

CLARICE

Parlez un peu plus bas, mon père va descendre.

ALGIPPE.

Ton père va descendre, âme double et sans foi ! Confesse que tu n'as un père que pour moi. La nuit, sur la rivière...

CLARIGE.

Eh bien! sur la rivière?

La nuit! quoi? qu'est-ce enfin?

ALGIPPE.

Oui, la nuit tout entière.

GLARIGE.

Après?

ALGIPPE.

Quoi ! sans rougir. . .

CLARIGE.

Rougir! à quel propos?

ALGIPPE.

Tu ne meurs pas de honte, entendant ces deux mots !

GLARIGE.

Mourir pour les entendpe! et qu'ont-ils de funeste?

ALGIPPE.

Tu peux donc les ouïr et demander le reste? Ne saurais-tu rougir, si je ne te dis tout?

GLARIGE.

Quoi, tout?

ALGIPPE.

Tes passe-temps, de Tun à l'autre bout.

GLARIGE.

Je meure, en vos discours si je puis rien comprendre !

ALGIPPE.

Quand je te veux parler, ton père va descendre ; H t'en souvient alors; le tour est excellent! Mais pour passer la nuit auprès de ton galant. . .

GLARIGE.

Alcippe, êtes-vous fou?

ALGIPPE.

Je n'ai plus lieu de l'être.

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