‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 29 sur 386 · D. RODRIGUE, ELVIRE · texte numérisé non relu

D. RODRIGUE, ELVIRE

ELVIRE

Rodrigue, qu*as-tu fait? où viens-tu, misérable?

D. RODRIGUE

Suivre le triste cours de mon sort déplorable.

ELVIRE

Où prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil De paraître en des lieux que tu remplis de deuil? Quoi! viens-tu jusqu'ici braver Tombre du comte? Ne Tas-tu pas tué?

D. RODRIGUE

Sa vie était ma honte; Mon honneur de ma main a voulu cet effort.

ELVIRE

Mais chercher ton asile en la maison du mort ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge?

D. RODRIGUE

Et je n*y viens aussi que m'offrir à mon juge.

Ne me regarde plus d'un visage étonné ;

Je cherche le trépas après l'avoir donné.

Mon juge est mon amour, mon juge est ma Chimène :

Je mérite la mort de mériter sa haine ,

Et j'en viens recevoir, comme un bien souverain.

Et l'arrêt de sa bouche, et le coup de sa main.

ELVIRE

Fuis plutôt de ses yeux, fuis de sa violence; A ses premiers transports dérobe ta présence. Va, ne t'expose point aux premiers mouvements

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