D. RODRIGUE, ELVIRE
ELVIRE
Rodrigue, qu*as-tu fait? où viens-tu, misérable?
D. RODRIGUE
Suivre le triste cours de mon sort déplorable.
ELVIRE
Où prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil De paraître en des lieux que tu remplis de deuil? Quoi! viens-tu jusqu'ici braver Tombre du comte? Ne Tas-tu pas tué?
D. RODRIGUE
Sa vie était ma honte; Mon honneur de ma main a voulu cet effort.
ELVIRE
Mais chercher ton asile en la maison du mort ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge?
D. RODRIGUE
Et je n*y viens aussi que m'offrir à mon juge.
Ne me regarde plus d'un visage étonné ;
Je cherche le trépas après l'avoir donné.
Mon juge est mon amour, mon juge est ma Chimène :
Je mérite la mort de mériter sa haine ,
Et j'en viens recevoir, comme un bien souverain.
Et l'arrêt de sa bouche, et le coup de sa main.
ELVIRE
Fuis plutôt de ses yeux, fuis de sa violence; A ses premiers transports dérobe ta présence. Va, ne t'expose point aux premiers mouvements