‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 28 sur 386 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

Si je n'eusse produit un fils digne de moi , Digne de son pays, et digne de son roi. n m'a prêté sa main , il a tué le comte ; n m'a rendu l'honneur, il a lavé ma honte. Si montrer du courage et du ressentiment, Si venger un soufQet mérite un châtiment , Sur moi seul doit tomber l'éclat de la tempête : Quand le bras a failli. Ton en punit la tête. Qu'on nomme crime ou non ce qui fait nos débats. Sire, j'en suis la tête, il n'en est que le bras. Si Chimène se plaint qu'il a tué son père, n ne l'eût jamais fait si je l'eusse pu faire. Immolez donc ce chef que les ans vont ravir, Et conservez pour vous le bras qui peut servir. Aux dépens de mon sang satisfaites Chimène : Je n'y résiste point , je consens à ma peine ; Et, loin de murmurer d'un rigoureux décret. Mourant sans déshonneur, je mourrai sans regret.

L'afiEedre est d'importance, et, bien considérée. Mérite en plein conseil d'être délibérée. Don Sanche, remettez Chimène en sa maison. Don Diègue aura ma cour et sa foi pour prison. Qu'on me cherche son fils. Je vous ferai justice.

CHIMÈNE

n est juste, grand roi, qu'un meurtrier périsse.

D. FERNAND

Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs.

CHIMÈNE

M' ordonner du repos, c'est croître mes malheurs.

48 LE GID.

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