‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 310 sur 386 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Je ne suis point ingrat alors que Ton m'oblige ; Dépêche, tends la main.

CLITON

Qu'elle y fait de façons !

Je lui veux par pitié donner quelques leçons.

Chère amie, entre nous, toutes tes révérences En ces occasions ne sont qu'impertinences ; Si ce n'est assez d'une, ouvre toutes les deux : Le métier que tu fais ne veut point de honteux. Sans se piquer d'honneur, crois qu'il n'est que de prendre, Et que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre. Cette pluie est fort douce ; et, quand j'en vois pleuvoir, J'ouvrirais jusqu'au cœur pour la mieux recevoir. On prend à toutes mains dans le siècle où nous sommes, Et refuser n'est plus le vice des grands hommes. Retiens bien ma doctrine ; et, pour faire amitié. Si tu veux, avec toi je serai de moitié.

SABINE

Cet article est de trop.

DORANTE

Vois-tu, je me propose De faire avec le temps pour toi toute autre chose. Mais comme j'ai reçu cette lettre de toi , En voudrais-tu donner la réponse pour moi?

SABINE

Je la donnerai bien; mais je n'ose vous dire

Que ma maîtresse daigne ou la prendre, ou la lire :

J'y ferai mon effort.

CLITON

Voyez , elle se rend Plus douce qu'une épouse, et plus souple qu'un gant.

DORANTE

(Bas, à Cliton.) (Haat, à Sabine.)

Le secret a joué. Présente-la, n'importe ; Elle n'a pas pour moi d'aversion si forte. Je reviens dans une heure en apprendre l'effet.

SABINE

Je VOUS conterai lors tout ce que j'aurai fait.

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