‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 312 sur 386 · ACTB IV, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTB IV, SCÈNE VIL

SABINE

Qu'il ne se hAte point , on Taime assurément.

CLITON

Mais on le lui témoigne un peu bien rudement ; Et je ne vis jamais de méthodes pareilles.

SABINE

Elle tient , comme on dit, le loup par les oreilles ; Elle l'aime, et son cœur n'y saurait consentir. Parce que d'ordinaire il ne fait que mentir. Hier même elle le vit dedans les Tuileries , Oîi tout ce qu'il conta n'était que menteries. n en a fait autant depuis à deux ou trois.

CLITON

Les menteurs les plus grands disent vrai quelquefois.

SABINE

Elle a lieu de douter, et d'être en défiance.

CLITON

Qu'elle donne à ses feux un peu plus de croyance : n n'a fait toute nuit que soupirer d'ennui.

SABINE

Peut-être que tu mens aussi bien comme lui?

Je suis homme d'honneur; tu me fais injustice.

SABINE

Mais, dis-moi, sais-tu bien qu'il n'aime plus Clarice?

CLrroN.

n ne l'aima jamais.

SABINE

Pour certain?

CUTON.

Pour certain.

SABINE

Qu'il ne craigne donc plus de soupirer en vain. Aussitôt que Lucrèce a pu le reconnaître. Elle a voulu qu'exprès je me sois fait paraître , Pour voir si par hasard il ne me dirait rien ;

Et s'il Taime en effet, tout le reste ira bien. Va-t'en; et, sans te mettre en peine de m'instruire, Crois que je lui dirai tout ce qu'il lui faut dire.

CLITON

Adieu ; de ton côté si tu fais ton devoir.

Tu dois croire du mien que je ferai pleuvoir.

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