ACTE V, SCÈNE III
Du mépris d'un si digne choix : Bien qu'aux monarques seuls ma naissance me donne, Rodrigue , avec honneur je vivrai sous tes lois.
Après avoir vaincu deux rois,
Pourrais-tu manquer de couronne?
Et ce grand nom de Cid que tu viens de gs^er Ne fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner?
U est digne de moi , mais il est à Chimène ;
Le don que j'en ai fait me nuit.
Entre eux la mort d'un père a si peu mis de haine, Que le devoir du sang à regret le poursuit :
Ainsi n'espérons aucun fruit
De son crime ni de ma peine , Puisque pour me punir le destin a permis Que l'amour dure même entre deux ennemis.