‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 54 sur 386 · L'INFANTE · texte numérisé non relu

L'INFANTE

T'écouterai-je encor, respect de ma naissance.

Qui fais un crime de mes feux?

T'écouterai-je , amour, dont la douce puissance Contre ce fier tyran fait révolter mes vœux?

Pauvre princesse! auquel des deux

Dois-tu prêter obéissance?

Rodrigue , ta valeur te rend digne de moi ; Mais, pour être vaillant, tu n'es pas fils de roi.

Impitoyable sort, dont la rigueur sépare

Ma gloire d'avec mes désirs.

Est-il dit que le choix d'une vertu si rare Coûte à ma passion de si grands déplaisirs?

0 cieux! à combien de soupirs

Faut-il que mon cœur se prépare.

Si jamais il n'obtient sur un si long tourment Ni d'éteindre l'amour, ni d'accepter l'amant!

Mais c'est trop de scrupule, et ma raison s'étonne

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