‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 67 sur 386 · EXAMEN DU CID · texte numérisé non relu

EXAMEN DU CID

Et ailleurs,

Semper ad eventom fettinat.

C'est ce qui m'a fait négli^r, an troisième acte, de donner à donDiègae, pour aide à chercher son fils, aucun des cinq cents amis qu'il avait chez lui. Il y a grande apparence que quelques-uns d'eux l'y accompagnaient, et même que quelques autres le cherchaient pour lui d'un autre côté ; mais ces accompagnements inutiles de personnes qui n'ont rien à dire, puisque celui qu'ils accompagnent a seul tout l'intérêt à l'action, ces sortes d'accompagnements, dis-je, ont toujours mauvaise grâce an théâtre, et d'autant plus que les comédiens n'emploient à ces personnages muets que leurs moucheurs de chandelles et leurs valets, qui ne savent quelle posture tenir.

Les funérailles du comte étaient encore yne chose fort embarrassante, soit qu'elles se soient faites avant la fin de la pièce, soit que le corps ait demeuré en présence dans son hôtel, attendant qu'on y donnât ordre. Le moindre mot que j'en eusse laissé dire, pour en prendre soin, eût rompu -toute la chaleur de l'attention, et rempli l'auditeur d'une fâcheuse idée. J'ai cru plus à propos de les dérober à son imagination par mon silence, aussi bien que le lieu précis de ces quatre scènes du premier acte dont je viens de parler; et je m'assure que cet artifice m'a si bien réussi, que peu de personnes ont pris garde à l'un ni à l'autre, et que la plupart des spectateurs, laissant emporter leurs esprits à ce qu'ils ont vu et entendu de pathétique en ce poëme, ne se sont point avisés de réfléchir sur ces deux considérations.

J'achève par une remarque sur ce que dit Horace, que ce qu'on expose à la vue touche bien plus que ce qu'on n'apprend que par un récita

C'est sur quoi je me suis fondé pour faire voir le soufflet que reçoit don Diègue, et cacher aux yeux la mort du comte, afin d'acquérir et conserver à mon premier acteur l'amitié des auditeurs, si nécessaire pour réussir au théâtre. L'indignité d'un affront fait à un vieillard chargé d'années et de victoires, les jette aisément dans le parti de l'ofilensé ; et cette mort, qu'on vient dire au roi tout simplement sans aucune narration touchante, n'excite point en eux la commisération qu'y eût fait naître le spectacle de son sang, et ne leur donne aucune aversion pour ce malheureux amant, qu'ils ont vu forcé, par ce qu'il devait à son bon. neur, d'en venir à cette extrémité, malgré l'intérêt et la tendresse de son amour.

* Segnins irritant animos demissa per aarem, Qaam qaae smit ocnlis «objecta fideliboa.

(Of Arte poeiiea^ v. 180.) FIN DU CID.

TRAGEDIE EN CINQ ACTES

PERSONNAGES

TULLE» roi de Rome.

Le vieil HORACE, chevalier romain.

HORACE, son fils.

CURUlCE, gentilhomme d'Albe, amant de Camille.

VALÈRE, chevalier romain, amoareux de Camille.

SABINE, femme d'Horace et sœar

de Coriace.

CAMILLE, amante de Cariace et

sœor d'Horace.

JULIE, dame romaine, confidente

de Sabine et de Camille.

FLAVIANtSoldatde l'armée d'Albe.

PROCULE , soldat de l'armée de

Rome.

La scène est k Rome, dans ane salle de la maison d^Horace.

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