CAMILLE, SABINE, JULIE
SABINE
Ma sœur, que je vous die une bonne nouvelle.
CAMILLE
Je pense la savoir, s'il faut la nommer telle ;
On l'a dite à mon père, et j'étais avec lui.
Mais je n'en conçois rien qui'flatte mon ennui :
Ce délai de nos maux rendra leurs coups plus rudes ;
Ce n'est qu'un plus long terme à nos inquiétudes ;
Et tout l'dlégement qu'il en faut espérer,
C'est de pleurer plus tard ceux qu'il faudra pleurer.
SABINE
Les dieux n'ont pas en vain inspiré ce tumulte.
CAMILLE
Disons plutôt, ma sœur, qu'en vain on les consulte. Ces mêmes dieux à Tulle ont inspiré ce choix ; Et la voix du public n'est pas toujours leur voix ;