L'ÉLECTEUR DE MAYENCE
Imposture !
CHARLES
L'église enseigne aussi que c'est au souverain à agir, et que sa parole doit être de fer. ( Luther est conduit devant la balustrade par des gardes. ) — Luther , tu vas retourner dans tes foyers , avec le sauf-conduit qui t'est promis ; mais , pour que tu n'aies pas été impunément hérétique, nous appelons sur ta tête , au nom de l'empire , sa haute et sévère surveillance. Que personne ne puisse te recevoir, te nourrir, tassister, et que quiconque t'atteindra puisse impunément porter la main sur toi : voilà ce qui est résolu, et la séance est levée.
( Tous se lèvent de leurs sièges. ) Théâtre Allemand. j 3
i94 LUTHER,
DU BOSSU accourt sur le devant de la scène, en colère, et dit :
Toujours le même! fou, mais à demi; quanta moi , je ne veux plus l'être du tout.
( Il arrache de son manteau son emblème de fou , le jette à terre , et se sauve. )
L'empereur et tous les membres de la diète vont vers le fond du théâtre, en passant devant la balustrade.)
LE CARDINAL, à l'empereur, à demi-voix.
Si je comprends bien votre majesté...
CHARLES, de même.
Légat, j'ai fait mon devoir!...
LE CARDINAL
Oserai-je cependant ?
CHARLES, aux princes de l'empire.
Dieu soit avec vous, messieurs.
( Il sort en faisant une le'gère inclination; tous le suivent, excepté Luther qui est resté près de la balustrade , les yeux élevés vers le ciel , et Frédéric et le cardinal.)
LE CARDINAL, à part , en regardant l'empereur.
Son regard est une réponse. {Appelant vers le fond de la scène.) Marco! ( Le bandit Marco, enveloppé dun manteau rouge , s'approche avec timidité' du cardinal. Le cardinal, bas à Marco.) Soyez prêts.
MARCO, de mime.
Foi de brigand, il est à nous !...
LE CARDINAL
Viens donc !
(Ils sortent ensemble. ) LUTHER s'avance sur le devant de la scène, les mains jointes, et parle haut.
Je te rends grâces , ô fort de sécurité !
L'ELECTEUR, s'approchant de lui
Infortuné ! tu te crois sauvé.... Dieu! quelle