ACTE IV, SCÈNE I. i
erreur est la tienne ! tu es proscrit ! je ne puis te prote'ger davantage ! des meurtriers t'épient !... Oh! sois sur tes gardes !...
Ce que Dieu a voulu est arrive'; ce que Dieu voudra arrivera encore.
LE CHANCELIER SPALATINUS , entrant.
Tu n'as donc pas voulu te re'tracter , brave homme ?
Ah ! plutôt mille fois la mort !
L'ÉLECTEUR , au chancelier.
As-tu pourvu...?
SPALATINUS.
Soyez tranquille.
(Ils continuent à s'entretenir avec inte'rêt. ) L'ÉLECTEUR DE BRANDEBOURG , revenant.
Monsieur le docteur, (observant Luther) non, vous n'êtes pas un factieux!
LUTHER, avec calme.
Non certes !
L'ÉLECTEUR DE BRANDEBOURG
Vous ne re'tracterez donc pas cet écrit ?
LUTHER , avec vivacité.
Jamais !
L'ÉLECTEUR DE BRANDEBOURG
. Eh bien ! cela reste dit ainsi , et que Dieu soit avec vous !
ic,6 LUTHER,
L'ÉLECTEUR DE MAYENCE, Rapprochant de Luther.
Je prévois ton triomphe , mais il sera sanglant !
Il est affreux de répandre le sang!... Mais la privation du sang qui donne la vie,... n'est-ce pas la mort? Ce n'est jamais la croyance qui produit le meurtre , mais l'orgueil des opinions ! {Elevant la po/x.)Mais, de grâce, ne vous en mêlez pas, vous autres grands seigneurs ; vous gâteriez tout : laissez les choses aller d'elles-mêmes ; elles e'choueront si elles viennent des hommes; mais si elles viennent de Dieu, rien ne pourra les détruire!